Méthode
Ce nom sur votre relevé est un prestataire de paiement
Vous avez cherché le nom lu sur votre relevé et vous êtes tombé sur une société de paiement dont vous n'avez jamais entendu parler. Ce n'est ni une erreur ni une fraude : c'est le fonctionnement normal d'une partie du commerce en ligne. Et c'est une bonne nouvelle, parce que ces sociétés ont l'obligation pratique de vous répondre.
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Pourquoi le nom du site n'apparaît pas
Certaines plateformes n'encaissent pas elles-mêmes. Elles délèguent la facturation à un prestataire spécialisé qui gère l'encaissement, les abonnements, les remboursements et la relation avec les réseaux de cartes. C'est ce prestataire qui apparaît sur votre relevé, parce que c'est lui qui présente l'opération à votre banque.
Ce modèle est particulièrement répandu dans les secteurs où les banques sont réticentes à traiter directement les commerçants : contenus pour adultes, sites de rencontre, jeux, contenus téléchargeables. Un même prestataire facture alors pour des centaines de sites différents, ce qui explique pourquoi le nom lu ne correspond à rien de ce que vous connaissez.
Le libellé ne vous dit pas ce qui a été facturé, seulement par quel canal. Inutile de chercher ce nom dans vos e-mails de confirmation : vous n'y trouverez rien. En revanche, le prestataire dispose d'un moteur de recherche interne qui retrouve la transaction à partir du montant, de la date et de votre moyen de paiement — et qui vous dira alors le nom réel du service.
La règle de sécurité, avant tout le reste
Ces noms sont massivement exploités par des escrocs, précisément parce qu'ils inquiètent. Un e-mail ou un SMS annonçant « votre abonnement CCBill va être renouvelé, cliquez pour annuler » est un hameçonnage dans l'immense majorité des cas. N'ouvrez jamais un portail d'annulation depuis un lien reçu : tapez vous-même l'adresse du prestataire, ou passez par une recherche. Et rappelez-vous qu'aucun service de facturation légitime ne vous demandera un code de validation bancaire par téléphone.
Second réflexe : ne payez jamais un tiers pour « faire cesser » un prélèvement. Il existe des services qui facturent des dizaines d'euros pour envoyer à votre place un formulaire d'annulation gratuit. La procédure décrite ici ne coûte rien.
La méthode, identique chez tous
Les portails diffèrent dans le détail, mais tous fonctionnent sur le même principe : ils vous demandent de croiser au moins deux informations, parce qu'une seule ne suffirait pas à prouver que la transaction est bien la vôtre.
- Réunissez vos éléments avant de commencer. Le montant exact, la date du débit, l'adresse e-mail susceptible d'avoir servi à l'inscription, et les derniers chiffres de la carte ou l'IBAN concerné.
- Ouvrez le portail consommateur depuis le site officiel du prestataire. Pas depuis un lien, pas depuis un résultat sponsorisé. Ces portails sont publics et gratuits.
- Lancez la recherche avec au moins deux critères. Si rien ne remonte, essayez une autre adresse e-mail, ou une autre carte. Une absence de résultat n'est pas une preuve : elle signifie souvent que l'inscription a été faite avec des informations différentes.
- Demandez l'annulation du renouvellement, puis le remboursement séparément. Ce sont deux demandes distinctes. Annuler ne rembourse pas, et rembourser n'annule pas.
- Conservez tout. Numéro de dossier, capture d'écran de la confirmation, e-mail reçu. Ce sont vos pièces si vous devez ensuite passer par votre banque.
Avant de conclure à la fraude, posez la question autour de vous. Carte enregistrée sur une console ou une tablette partagée, carte d'un couple, adolescent majeur : une part importante des transactions « introuvables » ont été faites par quelqu'un d'autre du foyer, avec une adresse e-mail que vous ne connaissez pas.
Les prestataires que nous avons documentés
Nous ne publions une fiche que lorsque nous avons pu vérifier la procédure sur le support consommateur de l'opérateur lui-même. Les autres noms sont listés pour l'identification, sans procédure détaillée tant que nous n'avons pas pu la contrôler.
| Nom sur le relevé | Ce que c'est | Fiche |
|---|---|---|
| CCBill | Prestataire de facturation américain, actif depuis la fin des années 1990, très présent sur les sites de rencontre et de contenus pour adultes. | Prélèvement CCBill |
| Segpay | Prestataire de facturation basé en Floride, même secteur, portail consommateur équivalent. | Prélèvement Segpay |
| Epoch | Prestataire de facturation en ligne du même secteur. Procédure non encore vérifiée de notre côté. | à venir |
| Vendo | Prestataire de facturation d'abonnements en ligne. Procédure non encore vérifiée. | à venir |
| RocketGate | Passerelle de paiement utilisée par des plateformes d'abonnement. Procédure non encore vérifiée. | à venir |
| Verotel | Prestataire de facturation européen du même secteur. Procédure non encore vérifiée. | à venir |
Et si la transaction correspond bien à un service que vous utilisez ?
C'est l'issue la plus fréquente une fois la recherche aboutie : le prestataire vous indique le nom du site, et ce site vous dit quelque chose. Le problème n'est alors plus une fraude mais un abonnement dont on avait perdu le fil, ou dont les conditions de reconduction n'étaient pas claires.
Dans ce cas, deux choses restent à faire, et l'ordre compte : couper le renouvellement chez le prestataire ou sur le site, puis révoquer le mandat ou faire supprimer l'enregistrement de la carte. La première empêche la prochaine échéance, la seconde empêche qu'elle revienne.
Si le service concerné est une plateforme de rencontre, nous documentons séparément le fonctionnement de la facturation et de la résiliation des principales d'entre elles, ainsi que les signaux qui distinguent une plateforme sérieuse d'une plateforme à éviter.
Comment ces sites facturent réellement, ce que valent leurs conditions de reconduction, et comment couper proprement. Consulter le dossier.
Questions fréquentes
Le prestataire peut-il refuser de me dire quel site m'a facturé ?
En pratique, non : l'identification du commerçant est justement le service que ces portails rendent, et un refus vous ferait passer directement par votre banque, ce qu'ils cherchent à éviter. Encore faut-il que la recherche aboutisse, donc que vous fournissiez les bons critères.
Dois-je passer par le prestataire ou directement par ma banque ?
Commencez par le prestataire : c'est plus rapide et cela vous donne le nom du service, information que votre banque n'a pas. Gardez la banque pour la suite, si l'annulation n'est pas obtenue ou si vous estimez l'opération non autorisée.
Combien de temps ai-je pour demander un remboursement ?
Huit semaines à compter du débit pour un prélèvement SEPA autorisé, et jusqu'à treize mois pour une opération que vous n'aviez pas autorisée. Les conditions exactes de chaque régime sont détaillées sur notre page consacrée à l'identification d'un prélèvement.
Ces sociétés sont-elles légales ?
Ce sont des prestataires de paiement qui opèrent au grand jour, avec un support consommateur public. Le fait qu'un nom soit inconnu du grand public n'en fait pas une entité douteuse. Ce qui doit alerter, c'est un e-mail non sollicité qui utilise ce nom, pas le nom lui-même.
Pourquoi ma banque ne reconnaît-elle pas ce nom ?
Parce qu'elle voit ce que vous voyez : le libellé du présentateur de l'opération. Elle peut en revanche identifier formellement le créancier d'un prélèvement SEPA à partir de son ICS, ce qui est une autre démarche.
Une fois par mois : les changements de conditions générales et de tarifs repérés sur les plateformes que nous suivons, et les procédures de résiliation qui ont évolué.
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